Au fil de mes écrits...



Une passionnée des mots, des couleurs et des sons...
Ce roman place nos yeux de lectrice dans un décor de rêve : "une grande villa blanche, isolée, ravissante, bâtie sur un
promontoir, dominant la mer, cachée de la route par un bois de pins ; un chemin de chèvre descendait à une petite crique dorée, bordée de rochers roux." La plage est inondée
de soleil et de chaleur et les grains de sable effleurent une Méditerranée aux vagues impécables, d'un bleu azuré des plus sereins. Ce roman est à priori une très belle
symphonie de couleurs, il y a du jaune, du rose mais aussi beaucoup de rouge car ce roman ne se contente pas seulement de nous parler d'amitié, il nous parle aussi
d'amour... Trois personnages ouvrent le bal : Raymond, sa fille Cécile et Elsa sa maîtresse du moment.
Raymond est un homme de quarante ans, veuf; plein de vitalité et de possibiltés. Il est bon, généreux, gai et plein d'affection pour
sa fille qu'il appelle "sa douce", il est du genre à être habile en affaire, toujours curieux et vite lassé, et il plaît aux femmes.
Elsa, sa maîtresse est une grande fille rousse, gentille, assez simple et sans prétentions sérieuses qui fait de la figuration dans les studios et les bars des
champs-Elysées.
Quant à Cécile, elle a vécu en pension et cela ne fait que deux ans qu'elle vit avec son père. Un père qui embarrassé de récupérer sa fille à
la sortie de son pensionnat etne sachant pas trop comment s'y prendre avec elle, décide alors de la confier à Anne, une amie de son épouse décédée... De bonne grâce, cette dernière
s'occupe de la jeune en lui inculquant un certain savoir vivre et quelques goûts vestimentaires. De cela, Cécile en conçoit une admiration passionnée.
L'ambiance est vacancière... Raymond, Cécile et Elsa profitent de la plage, et élaborent chaque jour un peu plus leur bronzage, sauf la pauvre Elsa qui au lieu d'avoir une couleur saine
et dorée, rougit et pèle dans d'affreuses souffrances.
Le temps ainsi s'enfuit comme une poignée de sable filant entre les doigts... Il est alors bon d'avoir des idées faciles.
Un jour, alors qu'Elsa et Cécile profitent du soleil, Raymond claironne fièrement: "J'ai une arrivée à vous annoncer". L'interrogation se lit immédiatement sur le
visage des deux jeunes femmes et suite à cela Cécile réplique : "Pourquoi as-tu invité Anne ? Et pourquoi a- t-elle accepter ?" Veut-elle revoir Raymond ?! C'est
peu sûr aux yeux de Cécile qui rispote à nouveau : "Tu n'es pas le genre d'homme qui interresse Anne. Elle est trop intelligente, elle se respecte trop. Et Elsa ? As-tu pensé à
Elsa ? Tu t'imagines les conversations entre Anne et Elsa ? Moi pas !"
En effet, plus on avance dans la lecture du roman, plus la personnalité d'Anne se révèle au grand jour "A quarante-deux ans, c'était une femme très séduisante, très recherchée, avec
un beau visage orgueilleux et las, indifferent. Elle était aimable et lointaine. Tout en elle reflétait une volonté constante, une tranquilité de coeur qui intimidait. Bien que divorcée et libre,
on ne lui connaissait pas d'amants."
A partir de là, une certaine tension naît... Elsa et Anne sont deux femmes à la personnalité bien différente, l'une est mûre, l'autre plutôt
insouciante. Les deux femmes se parlent mais s'évitent le plus souvent. Raymond se positionne entre les deux, en essayant de ne pas subir les affres que son coeur d'homme lui dicte mais le coeur
a ses raisons que la raison n'a pas. Finalement, il finira par prendre une décision allant à l'encontre de ses idées et engendrant une réaction de la part de sa fille qui
décidera d'élaborer un plan pour se venger. On pressent alors un certain danger ; Plus on tourne les pages, plus on en est convaincu ; Les personnages se mélangent, un drame surgira tôt ou
tard, auquel on ne pourra rien y faire, rien y changer...
Qu'ils se nomment Raymond et Elsa ; Cécile et Cyril ; ou Raymond et Anne tous ces personnages font partie d'une chaine dont les maillons se nouent, se rétractent, s'ouvrent peu à peu et
finissent par se détacher ensuite les uns des autres... lls s'aiment, se détestent sans se l'avouer vraiment et une certaine pudeur les auréole !
Cécile nous livre tout ça dans ce roman qui est une sorte de libération intime. Elle nous confie ses sentiments de sa jeunesse, ses plus profonds doutes qui vont avec ses remords, ses craintes,
ses pensées contradictoires pour les amours de son père qui s'alignent en lettres d'or. Cécile aime son père et son amour pour lui se doit d'être irréprochable... Mais il sera
aussi, sa perte, témoin d'une certaine tristesse...
Le tout est écrit avec pudeur, fragilité et le roman en devient brûlant au toucher.
Cécile se préoccupe des rapports sentimentaux que son père conçoit auprès des deux femmes. En parallèlle, elle s'attache à Cyril. Elle l'a rencontré au sixième jour de ces vacances
"il longeait la côte sur un petit bateau à voile et chavira devant notre crique. Je l'aidai à récupérer ses affaires et, au milieu de nos rires j'appris
qu'il s'appelait Cyril, qu'il était étudiant en droit et passait ses vacances avec sa mèredans une villa voisine. Il avait un visage de Latin, très brun, très ouvert, avec quelque chose
d'équilibré, de protecteur, qui me plût."
Leur histoire d'amour est belle même si elle traduit un malaise, un mal-être... Cécile et Cyril sont beaux et jeunes, leur avenir paraît
se dresser devant et eux et pourtant...
L'écriture de l'auteur sensible, nous enchante, nous émerveille, nous submerge.
Si vous n'avez pas encore lu ce roman, je vous invite vivement à le faire... Sa lecture est d'une puissance extrême, c'est une vraie pépite... En trois mots : un magnifique roman !
Pour ma part, j'ai refermé le livre en restant bouche bée... Emue, les larmes aux yeux, et avec une impression bizarre au fond du coeur ! Une impression de perte, d'abandon, bref de
tristesse...
BONNE LECTURE !
MA NOTE : ![]()
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EDITIONS : Pocket
Retrouvez vite l'avis de Florinette et de bien d'autres lectrices via son blog (merci ma belle...)
Au début du roman, il y a un très beau poème de Paul Eluard
Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite dans les lignes du plafond
Tu es inscrite dans les yeux que j'aime
Tu n'es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire
Bonjour tristesse
Amour des corps aimables
Puissanc de l'amour
Dont l'amabilimité surgit
comme un monstre sans corps
tête désapointée
tristesse beau visage.
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