Au fil de mes écrits...



Une passionnée des mots, des couleurs et des sons...
"J'avais trente-cinq ans et je roulais en
voiture. A vive allure, en rétrogradant sèchement dans les virages, en mordant la ligne blanche. Il faisit beau mais le temps qu'il faisiat importait peu.
Il fallait que j'avance.
La route longeait la côte, tournait dans tous les sens. Au deuxième village, je me suis descendue sur le port et je nme suis garée là, dans les odeurs de casiers fraîchement débarqués. On m'a
regardée. On m'a dévisagée par-dessous les casquettes, par-dessus les cols des cabans et des vestes de quart. Des hommes ont rivé leurs yeux sur moi parce que je leur étais inconnue et ces
regards ne m'ont pas dérangée. Au contraire."
Mon avis :
Ce roman est un savoureux mélange d'odeurs, et de saveurs mêlant aussi dans son sillage un brin d'amour, et qui a le don de nous rabibocher avec diverses sensations si par malheur,
on les a enfuies au fin fond de notre mémoire... Comme quoi "Le temps n'efface pas les mots. Il ne fait que passer. Tout ce qui est écrit ne disparait pas.
"
Au-delà des mots, on sent que ce roman a été écrit par l'auteure avec beaucoup de tendresse, et avec une certaine recherche de douceur pour aligner les mots car ce roman
tient chaud, même si une pointe de nostalgie nous étreint le coeur ici et là...
A travers les pages de ce très beau roman, on y fait la connaissance de divers personnages qui se lancent sans la moindre timidité dans le récit de leur passé. A l'évidence, chacun a souffert à
sa manière, mais pourquoi donc ? Que s'est-il passé dans leur vie pour engender un tel mal ? On devine aisément que cette souffrance est devenue par la force du temps qui passe mais
aussi par l'habitude, une douleur lancinante...
Ce qui fait la force n°1 de ce roman, c'est que le passé se mélange au présent, et que par touches délicates et discrètes piochées à la lecture de telle ou telle page, on
reconstue pas à pas, la vie de celui ou de celle qui parle... Mais aussi, la vie de celle qui se prénomme Clara et qui est le fil conducteur tout au long du roman.
L'autre point fort de ce roman est la sensibilté des personnages, et leur force (ou forme) de combat pour évincer leurs démons antérieurs, pour fuir leurs souvenirs et ainsi se perdre
dans une fuite en avant sans le moindre remord. Leur passé est ce qu'il est, et il le restera à jamais, ils en sont convaincus mais leur volonté de vivre, en est doublée. On partage aisément
leurs interrogations, leurs souffrances et on les respecte en silence... Avec eux, on est du voyage, et on part à la rechercher de quelque chose qui pourra soulager leur conscience aussi bien que
la nôtre, en somme...
Alors qu'ils se prénomment Clara, Félix, Violette, Arno, Martreux, chacun bien sûr, à son mot à dire avec le pronom "je" qui dès lors procure une paix reposante !
Mais le point extrême de ce roman, celui qui surpasse tous les autres est sans contexte, celui de l'homonyme du mot "Mer" ou "Mère" qui en marque au fer rouge toute la subtilité et la
fragilté... On ne peut que symboliser la force de ces deux noms féminins.
Après le charme de la couverture de ce roman, on succomber au charme des personnages qui nous entoure et qui nous raconte une si belle histoire... Et puis, il y aussi le titre du
roman qui a son passé derrière lui et quel passé !!!!
On s'attahe à Clara, cette jeune femme blonde. qui de suite nous fait part de son rêve. On s'attache indéniablement à son passé, et on souffre pour elle de cette mère absence. Une mère
ivre de nature et amoureuse de son cheval... Clara est assez égnimatique et son "histoire est bancale" Elle n'a de cesse de répété aux autres qu'elle
cherche son cheval même si le temps a passé et que l'eau a coulé sous les ponts. Elle parcoure des paysages, et ces paysages lui font rencontrer des hommes. "En elle le
pouvoir d'amadouer les chevaux ? En elle celui de faire voler en éclat la vie des hommes ? Juste parce qu'elle disait s'il te plaît ?" Mais une chose est sûre "Ses
baisers possédaient la fraîcheur de roses éparpillées dans une baignoire pleine de mer."
On s'attache à Félix ou la rencontre d'un soir... Pour Clara, il sera à l'image "des bulles de champagne dans une bolée de cidre". Sans le savoir,
il emploie les mêmes mots que Clara. En nous parlant de lui, Clara nous confie que c'est "un homme qui parlait trop. Qui savait se taire, aussi." En parallèle, Félix se
dit marin, il se dit pêcheur, il se dit aussi artiste. A travers ces oeuvres, on devine que "cet homme peint des tableaux pour que les hommes nagent dedans." Car
"Cela veut dire quoi, créer ? Ca veut rien dire couillon, ça veut tout dire. Ca signifie être vivant sur la terre. Ca veut dire être capable d'extraire de toi des sentiments et
de les représenter, ces émotions uniques, parce qu'elles n'appartiennent qu'à toi, mon vieux, et que rien ni personne n'aurait pu prendre ta main et l'exprimer à ta
place."
On s'attache à Violette avec sa voix chantante et fluette, coiffée d'une permanente violine. Elle vit dans son domaine "Les Albatros" et deriière sa douceur,
elle cache un passé douloureux, qui renferme une vieille douleur de 40 ans... A propos de son secret, elle emploie sa propre logique pour le décrire "Je me
souviens avoir lu un jour une phrase qui disait qu'un héros, c'est quelqu'un qui a une phrase qui parle de lui dans un livre."
Et puis, on s'attache à Martreux, le sourd-muet. Maréchal-Ferrand de son métier et qui vit dans sa forge entouré de ses souvenirs et de ses chiens. Il y a un chapitre le
concernant qui est magnifique à lire et où l'auteur nous fait prendre consciente de la beautée du personnage..
Sans oublier tous les autres personnages secondaires...
Bref, je pourrais encore écrire des lignes et des lignes tant j'ai aimé ce roman, mais je préfère m'arrêter-là... Tout ça, pour vous faire comprendre que dès les premières lignes de ce
roman, on ne le sais pas encore mais, on s'élance de plus en plus vite vers une belle découverte, une très belle découverte même...
Je sais que je vais me répéter mais comment faire autrement... Oh, si vous saviez comme j'ai aimé ce roman... Une fois commencé, j'avais hâte de le finir, et puis je faisais marche
arrière, afin de relire certains passages. Non pas que je ne les comprennais pas, bien au contraire, je voulais savourer encore un peu leurs flagrances parfumées, Il y a détenu à l'intérieur de
ces 251 pages tant de belles descriptions de paysages et de nature sauvage que je n'avais pas envie de tourner la page...
Eh oui, ce roman m'a prit dans ses filets, je ne pouvais pas me débattre... Et je ne le voulais pas.
Quel bonheur d'avoir la mer pour toile de fond, une odeur de champagne dans le nez, et de lire des phrases s'évaporant avec le vent du large que moi aussi, je voulais mes bulles de
champagne dans une bolée de cidre !
Allez, lâchez tout, et prenez ce livre dans vos mains, vous ne le regrettez pas, Ce ne pourra être qu'un merveilleux vol plané au-dessus de la mer, au-dessus d'un pays nommé Irlande,
au-dessus de tant de choses à connaître...
Pour ma part, en refermant le livre, je fus parcouru de frissons mais des frissons de bonheur...
Je dirais avant de conclure vraiment ce billet que ce roman est à offrir à tout ceux qui aiment lire... Et c'est certainement un roman que je vais
offrir quand viendra Noël...
Avec tous ces personnages, ce roman est ennivrant et il me faudra quelques heures afin de vraiment m'en détacher... Pas la peine de tenter une autre
lecture, pour le moment. Pour moi, c'est une vraie révélation d'écriture...
Succombez vous aussi à ce très beau roman ././. BONNE LECTURE !
Ma note : ![]()
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Editions Delphine Montalant. 18€
Les avis de Clarabel Martine Cathulu Laure Gawou Lily
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